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Actualité - Divers - Droit du dommage corporel - Publiée le 4 octobre 2026
Un piéton renversé par une voiture, une moto ou une trottinette électrique est, en droit français, l’une des victimes les mieux protégées. Depuis la loi du 5 juillet 1985, dite « loi Badinter », son indemnisation ne dépend pas, ou très rarement, de la question de savoir qui a commis une faute. Encore faut-il connaître ses droits, car les assureurs ne les rappellent pas toujours spontanément, et les enjeux financiers d’un dommage corporel sont considérables.
Cet article explique comment fonctionne l’indemnisation d’un piéton accidenté, quels préjudices sont réparés et comment éviter les erreurs qui coûtent cher.
La loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 « tendant à l’amélioration de la situation des victimes d’accidents de la circulation et à l’accélération des procédures d’indemnisation » crée un régime spécifique, autonome du droit commun de la responsabilité civile.
Son champ d’application repose sur deux conditions :
À retenir
Il n’est pas nécessaire que le véhicule ait heurté le piéton. Un piéton qui chute en se jetant de côté pour éviter une voiture peut être indemnisé : le véhicule est « impliqué » dès lors qu’il a joué un rôle dans l’accident.
Le régime est également indifférent à certains moyens de défense classiques : ni la force majeure, ni le fait d’un tiers ne peuvent être opposés à la victime (article 2 de la loi).
C’est le point central pour un piéton. L’article 3 de la loi pose que les victimes non conductrices sont indemnisées de leurs atteintes à la personne sans que leur propre faute puisse leur être opposée, à une seule exception : la faute inexcusable, si elle est la cause exclusive de l’accident.
La jurisprudence définit la faute inexcusable comme une faute volontaire d’une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience. Elle doit en outre être la cause exclusive de l’accident. Les deux conditions sont cumulatives et appréciées strictement.
En pratique, les tribunaux ne retiennent presque jamais cette exclusion. Ne constituent pas, en principe, une faute inexcusable :
Les situations où elle est retenue sont rares et extrêmes, par exemple la traversée d’une voie rapide de nuit, en tenue sombre, sans aucune raison valable.
À retenir
Si l’assureur vous annonce que vous avez « traversé n’importe où » et que votre indemnisation sera réduite ou refusée, ne l’acceptez pas sans avis juridique. Dans la grande majorité des cas, cette argumentation ne tient pas.
Pour trois catégories de piétons, la protection est encore plus forte. Même une faute inexcusable ne peut leur être opposée (article 3, alinéa 2) :
La seule exception est celle de la victime qui a volontairement recherché le dommage qu’elle a subi.
L’indemnisation en dommage corporel ne se résume pas aux frais médicaux. Elle repose sur la nomenclature Dintilhac (2005), utilisée par les assureurs, les experts et les juridictions, qui recense les postes de préjudice. Ils sont répartis selon leur nature (patrimoniale ou personnelle) et leur temporalité (avant ou après la consolidation).
Avant la consolidation (préjudices temporaires)
Après la consolidation (préjudices permanents)
À retenir
La consolidation est la date à laquelle l’état de la victime cesse d’évoluer de façon significative. Elle ouvre la phase d’évaluation des séquelles définitives. Elle est fixée à l’issue d’une expertise médicale, d’où l’importance de cette étape.
Les proches de la victime (conjoint, enfants, parents) peuvent eux aussi prétendre à réparation de leur propre préjudice, notamment d’affection ou d’accompagnement, en cas de décès ou de blessures graves (article 6 de la loi).
La loi Badinter encadre strictement les délais de l’assureur du véhicule impliqué (articles L. 211-9 et suivants du Code des assurances) :
| Étape | Délai |
| Offre d’indemnisation (provisionnelle si l’état n’est pas consolidé) | 8 mois maximum à compter de l’accident |
| Offre définitive | 5 mois maximum après que l’assureur a été informé de la consolidation |
En cas d’offre tardive, ou manifestement insuffisante, le montant de l’indemnité offerte par l’assureur, ou allouée par le juge, produit des intérêts au double du taux légal (article L. 211-13 du Code des assurances), de la date d’expiration du délai jusqu’au jour de l’offre ou du jugement.
À retenir
Cette sanction est un levier de négociation puissant. Elle explique pourquoi vérifier les délais et le caractère « suffisant » d’une offre fait partie du travail de l’avocat dès l’ouverture du dossier.
La caisse d’assurance maladie, l’employeur ou un organisme de prévoyance qui ont versé des prestations à la victime disposent d’un recours subrogatoire contre l’assureur responsable (notamment article L. 376-1 du Code de la sécurité sociale).
Depuis la loi du 21 décembre 2006, ce recours s’exerce poste par poste, et uniquement sur les postes de préjudice que les prestations ont effectivement indemnisés. Les postes à caractère personnel (souffrances endurées, déficit fonctionnel, préjudice esthétique…) ne sont ouverts à recours que dans la mesure où la prestation a bien un caractère indemnitaire à leur égard. La victime bénéficie en outre d’un droit de préférence sur le solde.
À retenir
Ces mécanismes sont techniques, et une erreur d’imputation peut réduire significativement ce que la victime perçoit réellement. C’est une raison de plus de faire contrôler le décompte par un avocat.
Un piéton renversé par un conducteur qui prend la fuite ou qui n’est pas assuré n’est pas privé d’indemnisation. Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) intervient alors dans les conditions prévues par le Code des assurances (article L. 421-1 et suivants). Il faut cependant respecter des conditions de procédure et de délais, d’où l’intérêt d’agir rapidement.
L’action en réparation d’un dommage corporel se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation (article 2226 du Code civil). En cas d’aggravation de l’état de la victime, le délai court à compter de la consolidation du dommage aggravé.
À retenir
Dix ans est un délai long, mais ce n’est pas une raison d’attendre. Les preuves se perdent, les témoins s’effacent, et les offres de l’assureur arrivent bien plus tôt. La phase d’expertise médicale se prépare dès les premiers mois.
Le cabinet Nicolau Avocats accompagne à Grenoble les victimes d’accidents de la circulation et leurs proches, de la première évaluation du dossier jusqu’à l’indemnisation définitive, y compris devant les juridictions.
Concrètement, nous intervenons à chaque étape :
Vous ou un proche avez été renversé ?
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112 cours Berriat, Grenoble, 04 76 16 87 57, avocat-nicolau.fr
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